𝐋𝐚 𝐭𝐫𝐞𝐧𝐳𝐚 𝐝𝐞 𝐘𝐚𝐧𝐧𝐢𝐜𝐤 𝐝𝐞 𝐡𝐨𝐲, 𝐫𝐮𝐦𝐛𝐨 𝐚 𝐥𝐚 𝐨𝐟𝐢𝐜𝐢𝐧𝐚. 𝐈𝐧𝐯𝐢𝐞𝐫𝐧𝐨 𝐌𝐌𝐗𝐗𝐕𝐈.

Mi ritual matutino es trenzar a la familia, y al hacerlo siento que mi memoria se desata.

Antes de cortar mi largo cabello a los 12 años, recuerdo que mi madre siempre me trenzó. También me acompañó elaborando mi super fleco estilo “Alf”, alzado con bastante Aquanet, y para ocasiones especiales aceptaba con gusto los tubos de huesito para rizar, o la mágica “trenza francesa” que pedía madrugando y a cambio de no quejarme por jalones.

Me rapé una vez, harta de mi cabello delgadísimo que se enredaba con solo pensarlo, con la esperanza de que creciera más grueso. Quizás funcionó, porque después aprendí a trenzarme yo sola, sin tantos nudos.

Ahora ese trenzado es un querido ceremonial de mis mañanas. En el silencio, acomodo mis ideas mientras las sostengo entre listones, como si me prepararan para la danza del trajín cotidiano. También, de atar cabos, lo hallé como un gesto sincrónico que me acerca a mis bisabuelas maternas y paternas.

Mis hijas nunca se han cortado el cabello, y a cambio aceptan la responsabilidad del trenzado. Dicen que sus listones son serpientes y juegan con ellos. Ya es un ritual familiar matutino que acompaña el desayuno para comenzar la jornada. Incluso, como hoy, Yannick pide también su trenza cuando va a la oficina.

Yo me delato cuando me levanto tarde, pues ese día mi cabello no alcanza a secarse y se queda suelto (enredándose como lianas entre bufanda, abrigo, ramas y sillas). En general, con cierta nostalgia, engalano mis trenzas añorando asistir a una fiesta patronal. Y cada día me las visto brillantes, pensando también en mi abuela, que se vestía con todo su porte para ir al mercado (todavía la recuerdan algunas de sus marchantas como “La guapita” o “la elegante Doña Mine”).

Creo que cada día, sin darme cuenta, voy trenzando lazos, memoria, nostalgia y mis queridas raíces que aún me sostienen, como este ritual cotidiano ahora compartido, para poder entretejerme con la danza y estaciones del complejo bosque humano, donde desde nuestras cabezas florece un jardín de nuevas historias por hilvanar.
La tresse de Yannick aujourd'hui, direction le bureau. Hiver MMXXVI.
Mon rituel matinal est de tresser la famille, et ce faisant, je sens ma mémoire se dénouer.
Avant de couper mes longs cheveux à 12 ans, je me souviens que ma mère me tressait toujours. Elle m'a aussi confectionné ma super frange style "Alf", gonflée à la laque Aquanet, et pour les grandes occasions, j'acceptais volontiers les rouleaux à friser, ou la magique "tresse française" que je réclamais en me levant tôt, en échange de ne pas me plaindre des tiraillements.
Je me suis rasé la tête une fois, lasse de mes cheveux si fins qu'ils s'emmêlaient rien que d'y penser, avec l'espoir qu'ils repoussent plus épais. Peut-être que ça a marché, car j'ai fini par apprendre à me tresser seule, sans nœuds.
Aujourd'hui, ce tressage est un cher rituel de mes matins. Dans le silence, j'ordonne mes idées tandis que je les maintiens entre rubans, comme s'ils me préparaient à la danse du quotidien. À force de tisser des liens, j'y ai trouvé un geste syncrétique qui me rapproche de mes arrière-grands-mères maternelles et paternelles.
Mes filles ne se sont jamais coupé les cheveux, et en échange, elles assument la responsabilité du tressage. Elles disent que leurs rubans sont des serpents et jouent avec. C'est désormais un rituel familial matinal qui accompagne le petit-déjeuner pour commencer la journée. Même Yannick, comme aujourd'hui, demande sa tresse quand il va au bureau.
Je me trahis quand je me lève tard : ce jour-là, mes cheveux n'ont pas le temps de sécher et restent détachés, s'enroulant comme des lianes autour de mon écharpe, mon manteau, les branches et les chaises. Souvent, avec une certaine nostalgie, je pare mes tresses en rêvant d'assister à une fête patronale. Et chaque jour, je les porte brillantes, pensant aussi à ma grand-mère, qui s'habillait avec toute son élégance pour aller au marché — certaines de ses vendeuses se souviennent encore d'elle comme "la belle" ou "l'élégante Doña Mine".
Je crois que chaque jour, sans m'en rendre compte, je tresse des liens, la mémoire, la nostalgie et mes chères racines qui me soutiennent encore, à travers ce rituel quotidien désormais partagé, pour pouvoir m'entrelacer avec la danse et les saisons de la complexe forêt humaine, où depuis nos têtes fleurit un jardin de nouvelles histoires à coudre.
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